mardi 7 septembre 2010

#RomaExpress - Le guide de lecture

L'aventure du RomaExpress vient de toucher à sa fin. Tout a commencé par ce billet de Rouge-Cerise, billet qui n'appelait pas de suite. S'il avait su la dimension que ça prendrait ! Incipio, inspiré, livra alors sa version des faits et un aperçu sur des évènements à venir. Il ne m'en fallait pas plus pour m'embarquer dans ce récit en lieu et place d'un traditionnel carnet de voyage.

La règle implicite se résumait à écrire un billet à tour de rôle sans se concerter sur sa suite. Nous apprenions donc à la lecture des billets des autres les rebondissements avec lesquels nous devrions composer. Evidemment, nous n'avons pas évité les divergences, les détails qui apparaissent et disparaissent au gré des billets, les réinterprétations: ces éléments apportent le piquant de l'exercice à défaut d'en rendre la lecture aisée !

Je me propose donc ici d'apporter mon guide de lecture de ce feuilleton à cinq mains.

Nous sommes donc partis de la gare de Bercy dans une atmosphère fidèlement restituée par Rouge-Cerise et Joss_davril. C'est d'ailleurs en lisant le billet de Joss bien plus tard que je décidais d'en faire mon assistant !
Les évènements à l'origine de cette histoire sont ceux que je vous ai déjà narré. Ignorant à l'époque quel serait le rôle d'Incipio je le qualifiais de "technicien". C'était l'occasion rêvée pour Rouge-Cerise de traduire "technicien" par "nettoyeur" et se donner à coeur joie dans la mise à mort d'une femme, mort que je pris plaisir à rendre un peu moins propre. Alors que l'intrigue commençait à prendre forme, Incipio fit du premier cadavre son oncle.

Non content d'avoir deux cadavres sur la conscience, je décidais de suggérer à mes acolytes le massacre des deux grecs que Joss_davril avait fait embarquer plus tôt tout en mêlant nos 3 compagnons de voyage à notre aventure. La description du massacre par Rouge-Cerise est remarquable pendant qu'Incipio se contente d'un titre évocateur et d'un détail... pour mieux nous surprendre plus tard.

Pendant que Joss_davril étoffait le contexte depuis Paris, j'en profitais pour compliquer l'histoire en jouant un jeu double. Deux compagnons de voyage, deux réactions à ce pavé dans la marre: Rouge-Cerise opte pour le soupçon (non sans avoir taillé un costume à mon personnage), Incipio, lui, joue l'attaque en mettant en place une machination encore plus grande. C'est une attaque devant laquelle je ne pouvais rester indifférent, d'autant plus que Rod_cook venait de s'en mêler. Je décide donc d'évoquer la possibilité d'un empoisonnement de mes compagnons de voyage pour permettre mon exfiltration par un personnage que les utilisateurs de twitter connaissent bien: ItalianLover.

C'est ainsi qu'Incipio s'est retrouvé à danser sur les tables du vatican avant de disparaitre dans leurs geôles. Il paraît même qu'il aurait montré ses "saintes choses" aux nonnes ! Mes compagnons emprisonnés, mon personnage en fuite, son assistant en lieux surs: tout allait pour le mieux !

Tout allait pour le mieux jusqu'à ce qu'Incipio lise le sors que je lui avait réservé à danser nu en chantant la traviata. Notre champion du retournement de situation révèle alors ses connaissances haut placées et transforme mon ItalianLover en un personnage peu fréquentable. Il en profite pour révéler son vrai visage à Rouge-Cerise, et faire torturer Rod_cook à peine arrivé. Fort heureusement, notre cuisinier se révèle doué et parvient à se faire libérer. Les effets produits sur le pape sont fidèlement relatés par Incipio.

A situation exceptionnelle, effets de manche exceptionnels: du fond de ma cave, le véritable ItalianLover, un personnage déjà apparu plus tôt en la personne de Jean-Baptiste, vient me libérer à coup de capoheira. Comment rendre cela crédible ? Faisons en un agent du Mossad. Comment retourner dans l'action ? Faisons d'Incipio un agent triple. Un problème, une solution !

Maintenant que tout le monde est libre, l'acte final peut prendre place. Rouge-Cerise opte pour une scène digne des plus grands films d'action qui s'annonce compliquée à décrire. L'absurde assumé sera l'issue que je retiendrais: ni une ni deux, la place Trévi devient le théâtre d'une gay pride.

lundi 6 septembre 2010

#RomaExpress: Deus Ex Machina

Cette nuit de folie restera à jamais gravée dans les mémoires romaines. Alors que mon aventure prenait la voie d'un dénouement aussi heureux qu'improbable, la ville entière dopée au son de l'autoradio de ma vespa entra en lièce dans une fête improvisée aux proportions gigantesques.

Les décibels hurlant aux quatres coins de la ville effaçaient les dernières incohérences de mon récit: qui se soucie des détails quand on lui offre un happy ending aussi grandiose ?

Mes au revoirs à Rouge Cerise bien que sommaires furent sincères: le bougre apprend vite et aura, je n'en doute pas, une carrière couronnée de succès. Son cuisinier me légua en guise de souvenir l'ingrédient secret de son invention dont le vatican tout entier vante encore les mérites.
Je regrette de ne pas avoir pu saluer Incipio avant de partir: le pauvre, son esprit n'a pas résisté à la pression du métier. Avant de partir, j'organisais auprès d'un glacier renommé un arrangement qui adoucirait son hospitalisation: chaque jour un pot de glace lui serait livré.

Les dernières nouvelles laissées par mon assistant Joss_davril lui annoncent un avenir serein.

Pour ma part, dans l'agitation du moment je ne vis pas mes trois jeunes français (ou israëliens ?) partir vers de nouvelles aventures. Il me semble que leur prochaine étape les conduisait en Sicile. C'est ainsi que je perdis contact avec mon sauveur, mes mémoires telles une bouteille à la mer... Je ne doute pas que son réseau d'informateurs saura lui faire part des présentes notes qu'il commentera à l'occasion, à moins qu'il ne préfère user d'un pigeon voyageur qu'il adressera au contact mentionné en haut à droite de ladite page.

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L'intégralité du récit est ici.
Le dénouement vu pas Rouge-Cerise est.
Le dernier message en provenance de mon assistant a été vu ici pour la dernière fois.
Il parait que le cuisinier raconte ses aventures par ici.
Quant à la version de notre malheureux comptable tombé dans une schizophrénie profonde, ça se passe par ici.

dimanche 5 septembre 2010

#RomaExpress: the dancing queen

Même le plus résistant des coeurs de pierre fini toujours par succomber au tragique de la Traviata. Les déboires de la cave à peine passés, me voici en route pour l'église dans laquelle cet opéra, auquel mon héros m'avait invité, était représenté. Par le hasard le plus fortuit, Rouge Cerise et un parfait inconnu qu'il me présenta comme "son cuisinier" s'y trouvaient également, semble-t-il par l'entremise du pape en personne. Jugeant la situation suffisament compliquée pour ne pas pouvoir m'en occuper seul, je décidai de mettre de côté mes craintes sur mon contact et l'abordait avec mon sourire le plus charmeur. Ce que je lui appris au sujet du comptable fit l'effet d'une bombe. J'ignore si ces révélations, ou l'émotion du tragique de la séparation de Violetta et d'Alfonso dans l'acte 2, sont à l'origine de leur départ précipité en cours de représentation. Jean-Baptiste et moi, goutant suffisament le sublime de cet opéra, restâmes jusqu'à la terrible mort de Violetta.

Les coeurs encore vibrant du dernier solo, nous errâmes dans les rues de Rome. La nuit fut d'autant plus riche, que nous savions que le lendemain à midi tout pouvait changer. Le professionalisme que vous me connaissez m'empêche de vous narrer ici plus en avant la richesse de ces moments partagés.

C'est ainsi que les douze coups de midi se mirent à sonner au loin depuis la basilique Saint Pierre. Diantre ! Absorbés par la nuit romaine, Jean-Baptiste et moi étions sur le point de rater le rendez-vous fatidique de la place de Trevi. Alors que le dernier coup de cloche résonnait encore, nous chevauchions déjà notre Vespa, manette des gaz à fond, vers le lieu du drame.

C'est un véritable carnage qui nous y accueillait. La fontaine rougie du sang de multiples dépouilles, scène de guerilla urbaine, touristes courant de droite et de gauche, tongues volants de çi de là... Au milieu de ce théâtre sordide: Incipio un sabre à la main, Lorane et Clément kippas vissées sur la tête, uzis au poing affrontant une horde d'Ouzbèques, Rouge Cerise et son cuisinier rainbow-flag au vent, rouleau à patisserie virevoltant ! (allez comprendre !).

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, je saisi de ma poche intérieure la compile "Best of Disco 70's" dont je ne me sépare jamais (je savais bien qu'un jour ce serait utile), l'introduit dans le lecteur CD de la vespa, volume à fond, piste 2: Dancing Queen d'Abba. La combinaison judicieuse, reconnaissez le, d'Abba et du Rainbow Flag donnait à la place un air de Gay Pride: rien de tel pour faire débarquer les forces de l'ordre vaticanes et faire fuire par la même occasion les Ouzbèques (l'ouzbèque a, par nature, peur de la soutane). Incipio désabusé, tomba à la renverse dans la fontaine. Je crains que ça n'ait été l'évènement de trop qui fit basculer son esprit dans la démence incurable que vous connaissez, vous m'excuserez d'ailleurs auprès de sa famille et surtout son fils Paul qu'il évoque beaucoup dans ses délires.

Les policiers en soutanes ne restèrent guère à la vue du cuisinier de Rouge Cerise, cet homme semblait être dans les meilleures grâces de sa sainteté. La place retrouva donc vite un air de fête, et la foule en délire me porta en triomphe reprenant en choeur les paroles que l'autoradio de la Vespa hurlait: Born To Be Alive de Patrick Hernandez. Les corps flottant parmi les sculptures de la fontaine semblaient même joyeux.

Yes, we were born, born, born. Born to be alive.
It's good to be alive, to be alive, to be alive.
It's good to be alive !

samedi 4 septembre 2010

#RomaExpress - dans la cave

Retrouvez toute la saga par ici.

Qu'ai je bien pu faire à Rome pour qu'elle m'en veuille ainsi ? A peine avais-je quitté une situation explosive, que je m'enfonçais dans un nouveau traquenard. Figurez-vous que mon sauveur sur sa vespa rouge n'était qu'un vulgaire comédien et non un agent secret du Cercle ! Qu'elle idée a-t-il bien pu avoir de se promener ainsi vétu d'un uniforme de camouflage (l'accoutrement de centurion est l'uniforme de rigueur pour une exfiltration !) ?

Il ne fallut pas plus d'une journée pour que ce comédien se révèle être un homme aux moeurs ma foi étranges. J'étais enchainé dans une cave sordide de banlieue, sa façon à lui de me témoigner son "amitié" d'une manière peu commune. J'en venais à regretter le sort que les jésuites ou l'agence m'auraient réservé. Les instruments saugrenus qui m'entouraient étaient autant de raison de m'inquiéter. Imaginez ! Pour un agent de ma stature, finir dans ces circonstances, quelle manque d'à-propos !

Résigné, les yeux bandés, je me répétais la leçon première de mon instruction: "Don't panic!". (ils en ont de bonnes les formateurs !) Mon bourreau semblait prendre plaisir à choisir ses instruments: bruits de ferrailles, de cisailles, tenailles et autres attirails... je sentais se serrer mes entrailles. (le stress déclenche chez moi des alitérations en 'aille').

Alors que je sentais le froid d'une lame le long de ma carotide, que mon souffle se faisait court, je cru discerner au loin un air de capoheira. La tension du moment me jouait-elle des tours ?

Stupéfaction, cri étouffé, corps qui tombe, puis rien.

"Désolé pour le retard !" Cette voix m'était familière.
Le bandeau qui couvrait mon visage glisse. En contre jour, une silhouette. Ma vision trouble m'empêche de l'identifier.
"Il te va rudement bien cet uniforme de garde suisse !"
Un humour pareil... cela ne pouvait être que... impossible !
"Merci de m'avoir envoyé ton assistant pour me payer mon billet de train, sans ça, je ne serais pas arrivé à temps."
Jean-Baptiste, le français rencontré à bord du RomaExpress se tenait là, devant moi, fier de son petit effet. Assomer un serial killer à coup de danse brésilienne, il faut reconnaitre que ça a de la classe.

Ce garçon se révélait être un agent du Mossad. A le croire il nous fallait agir vite. Celui que je pensais être un vulgaire comptable paraissait être au coeur d'une machination encore plus grande que je ne l'imaginais. Cet homme aurait subi un lavage de cerveau de la part des services du défunt KGB (était ce lié au thé au pavot qu'il avait bu dans le train?). La raison et les conséquences de cette manipulation, nul ne les connaissaient. Quant à l'explication de l'implication d'un service secret dissous... Une chose était certaine, pour le bien de l'humanité, Incipio ne devait, en aucun cas, approcher de la place de Trevi.

Mais en attendant, Jean-Baptiste m'invita à aller voir un opéra: quitte à être à Rome, autant en profiter. Ce garçon est décidemment plein de surprises.

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Le dernier épisode en date vu par Rouge-Cerise et Joss_davril.

vendredi 3 septembre 2010

#RomaExpress - Nonnes échaudées

Pour remonter le fil de l'histoire, ça se passe là.

Maudit Nestor ! L'agence ne serait-elle remplie que de bras cassés ? Mon stratagème ne se sera pas passé comme espéré. La fiole contenant un prétendu sédatif a finalement produit un effet radicalement opposé. Pourquoi diable ne m'avait-il pas prévenu qu'il ne fallait pas diluer ce somnifère dans de l'eau bénite ? A peine Incipio et Rouge Cerise avaient-ils bu leur verre de bloody ave maria qu'une euphorie inattendue se produisit. Et les voici à chanter, danser, se dévétir en plein milieu de ce bar du Vatican. Incipio allant jusqu'à montrer aux saintes femmes qui le voulaient ses saintes choses...

J'ai peut être acquis beaucoup d'expérience lors de mes affaires aux quatre coins du monde, mais cette situation dépassait l'entendement. Croyez moi, détourner un avion à coup de pingouins se révèle être une partie de plaisir en comparaison à ces évènements ! Si à cela s'additionne la théorie du chaos: "ce qui va mal ne peut aller qu'en empirant", vous comprendrez que l'apparition des jésuites tombait sous le sens. Fort de mon expérience, je fis preuve d'une inventivité qui aujourd'hui encore m'étonne, pour créer l'animation suffisante à ma disparition. Jamais je n'aurais eu dans toute ma carrière d'idée aussi fulgurante que de pointer mes victimes en les accusant d'être franc-maçons éteigneurs de cierges !

La tension dans ce bar du Vatican atteint son paroxisme quand les nonnes échaudées par le comportement de ces énergumènes se jettèrent sur eux, tel un troupeau de vierges à la vue d'un bel éphèbe.

En moins de temps qu'il ne faut pour le dire, j'avais disparu du bar.

C'est l'instant que choisi l'agent romain ItalianLover pour surgir. Fidèle à nos procédures, il était astucieusement camouflé dans la tenue de centurion qu'il porte en journée pour arrondir les fins de mois comme guide touristique. J'enfilai l'uniforme de garde suisse qu'il avait pris soin d'apporter avant de disparaitre dans la nuit.

Nous quittâmes Rome sur sa vespa rouge: un centurion et un garde suisse chevauchant leur fier destrier, pétaradant à la rencontre de leur destin.

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Ce qu'en dit Rouge-Cerise se passe ici.

jeudi 2 septembre 2010

#RomaExpress, l'agent double - part 2

Nous sommes arrivés à la safehouse de la Via Tasso en début d'après midi avec mes deux comparses de malheur. Qui de Rouge Cerise ou d'Incipio a bien pu éveiller la curiosité des jésuites ? A mesure que j'y pense, le comptable me parait bien au fait des procédures de sécurité. Une certaine Cristina lui aurait organisé sur le pouce notre protection !

Quelque chose ne tourne pas rond ici. Il est grand temps que je quitte le métier, j'éspère que mon fidèle Joss_davril recevra mon email dans les temps: les connexions internet me paraissent si anachroniques depuis que nous avons quitté Paris.

Ma dernière grande machination commence à prendre forme. Extirper les procédures pour virer les fonds de Léopard tacheté à travers des sociétés écrans a été d'une facilité déconcertante: un aperolspritz suivi d'un negrito auront eu raison du mutisme d'incipio. Mes trois français ne vont plus tarder à rejoindre Venise où ils retrouveront facilement mon assistant reconnaissable à son fameux bermuda.

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Pour ma part, ma place au soleil s'annonce bien. Je viens de réactiver mon contact dormant à Rome: ItalianLover. Par un message déposé sur le tronc aux pauvres de l'église Santa Maria in Trastevere, je lui indique de venir m'exfiltrer ce soir. Il m'emportera loin de ces oiseaux de mauvais augure sur sa vespa.

En parlant d'oiseau, Rouge Cerise vient d'envoyer un pigeon voyageur (quelle étrange idée !). Quelque chose se trame. Il me faut précipiter la fin. Une fiole versée dans l'aperitivo de ces énergumènes déclenchera l'acte final. Je n'aime pas agir ainsi, mon talent n'en sortira pas grandi.

#RomaExpress, l'agent double

L'ensemble de la saga c'est par ici

Rapport d'activité 31 août 2010 au 01 septembre 2010

De: Agent 659A - vinzniv
A: Agent 659B - Joss_davril

Transmission par canal sécurisé

CONFIDENTIEL.
A DETRUIRE APRES CONSULTATION

Cher collègue, mon très cher et fidèle ami,

vous me pardonnerez le peu de formalisme de ce rapport, mais les évènements de cette nuit m'ont ébranlé et mon retour à l'agence me parait de plus en plus compromis à mesure que les cadavres s'amoncèlent. Nos supérieurs ne tolèreront probablement plus longtemps les nombreux "dérapages" qui pavent ma trop longue carrière. Mon ami, je suis fatigué de cette violence et du peu de gratitude que nous témoigne notre gouvernement.

A l'heure où vous recevrez cette missive, vous aurez vraisemblablement déjà eu vent des évènements tragiques de cette nuit. Mon messager, dit le Léopard tacheté, a été la triste victime de la pègre grecque, une pauvresse a péri des fautes de mon inexpérimenté contact. Les corps sauvagement mutilés retrouvés dans le train dont la presse européenne doit déjà faire l'écho sont à imputer soit à Rouge Cerise soit au comptable, les deux se renvoyant la responsabilité.

Je ne sais plus sur qui compter. Vous êtes mon unique recours. Les éléments que je suis sur le point de vous communiquer divergeront des intérêts de l'agence. Je vous prie soit de détruire dés maintenant cette lettre, soit de me démontrer votre fidélité en traitant ces informations avec la discrétion appropriée: les taire à nos supérieurs.

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Mon bien aimé ami, si vous lisez ces lignes c'est que vous avez choisi la voie de la fidélité. Je vous en suis fort reconnaissant.

Je vous propose de m'accompagner dans ce qui sera mon dernier coup d'éclat. Nous sommes au coeur d'une affaire mélant les helvètes, les grecs, les bavarois et très vraisemblablement le Vatican. D'énormes sommes d'argent sont en jeu autour d'une formule secrète qui pourrait changer la face de l'Europe. Cette formule, je suis parvenu à la mettre en lieu sûr à l'insu de cet amateur de Rouge Cerise: j'ai pris soin d'arracher du cou du Leopard tacheté le pendentif qui contient le microfilm tant convoité. Prétextant d'une pause cigarette lors de la halte en gare de Firenze, j'ai remis ce pendentif à un groupe de jeunes français rencontrés à bord.

Mettez vous en route toute affaire cessante pour Venise où vous retrouverez lesdits français place Saint Marc d'ici vendredi. Vous reconnaitrez aisément Jean-Baptiste, Lorane et Clément: la meilleure façon de passer inaperçu est de ne pas être discret comme je vous l'ai déjà appris (jamais moins de 4 couleurs dans une tenue de camouflage !). La transaction sera aisée: ils seront bien heureux que vous leur payiez en contre-partie leur billet de train pour continuer leur expédition.

J'ai fait commander à votre intention un transport pour les Seychelles via Dubai dans les jours qui suivent. L'émir que vous y rencontrerez vous fera un bon prix en échange du microfilm et saura m'être reconnaissant pour mes bons services. Votre destination finale vous garantira de ne pas être rattrapé par l'agence.

Pour ma part, il ne me reste plus qu'à utiliser les services d'Incipio pour dilapider la fortune du Léopard tacheté avant de le livrer avec Rouge Cerise à la police locale; un quadruple meutre dans un train devrait suffire à les garder au frais pour longtemps. Faites bon usage de vos contacts auprès de l'ambassadeur: je les livrerais sur la place du colisée par la méthode que je vous ai conté du "baiser de Judas".

Ici se séparent nos chemins. Vous comprendrez que pour notre sécurité mutuelle je ne puisse vous révéler le détail de ma disparition. Sachez mon ami que je resterais à jamais votre obligé.

Bien amicalement,

Vinzniv


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Le dernier épisode de la sage vu par Rouge Cerise et Incipio
Ce qu'en dit Joss_davril

mercredi 1 septembre 2010

#RomaExpress, l'heure du massacre

Les premiers épisodes ici et .

Je n'avais pas signé pour devenir un protagoniste de premier plan dans une histoire d'une telle importance historique. Depuis l'affaire du barrage Ouzbèque, mon instructeur et moi avions convenu de limiter mon champ d'intervention à la "messagerie".

Les événements s'étaient précipités dans la soirée, je les avais subis plutôt que de les provoquer. Comme je me plais à le répéter à mon fidèle assistant Joss_davril: c'est face à l'adversité que la grandeur du génie se révèle. Nous allions substituer le comptable, Incipio, au Leopard tacheté. Une fois arrivés à Rome, il conduirait la transaction à son terme avec les bavarois. Encore nous fallait-il trouver l'agent grec à bord qui devait avoir subtilisé le code secret indispensable au déblocage des fonds.

Cela ne fut pas long. En sortant de la voiture restaurant pour rejoindre notre cabine, alors que le train quittait Firenze, deux hommes vétus de noir à la mine patibulaire s'engoufrèrent dans la cabine 6. Fort de mon expérience, je reconnu ces hommes de mains de la mafia grecque: le tatouage sur leur poignet droit ne laissait aucun doute.

Assis dans notre compartiment, le 5, voisin du leur, nous attendrions qu'ils s'assoupissent pour que Rouge Cerise s'introduise discrètement et récupère le porte-feuille de Leopard tacheté que nous les soupçonnions d'avoir en leur possession.

Leurs éclats de rire s'étaient tus. Mon contact, ragaillardi par les évènements de la nuit, saisit l'occasion pour entrer en action. Absorbé par mes réflexions, j'ignore comment cela s'est précisément déroulé: un cri, le comptable  disparu, bruits sourds, hurlements puis un silence pesant.

La scène que j'ai vu me glace encore le sang d'effroi... Le comptable haletant, Rouge Cerise sous le choc, les deux grecs méconnaissables, le visage explosé à coups de marteaux brise-vitre. C'est là que j'ai décidé d'informer l'agence par l'intermèdaire de Joss_davril.

Tant que l'ambassade ne s'en mélait pas, nous pouvions encore controler l'hémorragie.

Grand bien m'avait pris de confier à trois jeunes voyageurs sur le quai de Firenze le document qui garantirait mon salut.
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La version de RougeCerise ici, celle du comptable là.
La saga vue depuis l'agence, chez Joss_davril